Il faut faire semblant de

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Mesdames, messieurs, après des mois de requinquage, après avoir fait la peau des fesses à quelques plusieurs malabars dans un hangar, après avoir baisé Sharon Stone pour imiter les cratères de la lune, après avoir sucé tout le sang centre-sud de mon adorée psycho oh si schizo dans la paupière, après avoir produit un film porno avec bébé trauma pour aider Hollywood à payer ses bombes nucléaires, et après avoir dansé tout un après-midi sur du David Bowie avant de me faire capturer par des gens qui, je le croyais pour le dire maintenant, travaillaient pour le ciel ou quelque chose dans le genre, après des mois de saut dans le vide, je suis de retour avec un veston noir et un martini à la framboise.

La bande de mecs costumés étaient des salauds venus saluer mon bonheur avec des lunettes fashion et des coups de poing dans les reins, parce que cet endroit-là possède la viande la plus sensible du corps. Ils étaient de la Censure. Je ne pouvais que dalle dire quoi. Et même si je voulais déposer sur Vénus des poèmes écrits avec la sueur des ébats de 3 heures du matin, je devais me contenter de vivre sans le dire.

Je savais dire « jouir » mieux que quiconque, avec la manière des bassins qui roucoulent des odes à la toison enfer et boule de jus. Mais pendant des époques de noir et geai bleu très loin dans le ciel sexe, je devais me résoudre à vivre sans encre, tant et si bien que dix fois par heure je tentais le plus baroque suicide de tous les temps. Avec des couteaux, de la bile, des menstruations et toute la tribu des ordinaires tentatives de mettre fin à sa vie, je lovais des centaines de fois par jour le désir de ne plus posséder tout dans ma main, mes mains à la fois bourreaux de vivre ou crever, mes mains à la fois bourreux de faire jouir ou rester diadème sans pouvoir le chanter aux blanches aurores de saison.

Donc la Censure me surveillait. Je ne pouvais en aucun cas prendre une tasse de thé avec mon bébé à la langue venin, et écrire ensuite 400 pages comme dans un boudoir anglais et crème. Sur un lit rosace où je prends ton ombre, ton fantôme, maintenant je peux avoir la décence de chialer ta beauté rivière Outaouais.

Parce que, pendant mon temps de prison, je me suis mis à penser quelques fois par semaine. Chose parfaitement étrange, absolument féerie. Et je devenais de moins en moins fou. Car de plus en plus certain de venir à bout un jour du casse-tête 3D qui se jouait un thriller devant mes yeux avocats du diable. Et comme cela, après des mois, la Censure est venu me dire des ballades pour me rendre heureux comme au temps de la machine à écrire.

— Je suis venu, au nom de la plus grande structure hors des hommes, te dire que bientôt ton temps sera fini, en dedans, et tu pourras sortir dehors comme un écureuil satisfait de gambader sans savoir pourquoi.

— Les écureuils gambadent rapidement pour ne pas se frotter aux hommes.

Je me souvenais de la délicatesse infra-rouge qui se dissimulait dans les yeux de mon bébé destin blanc. Et je comprenais pas où la Censure voulait en venir, tellement que je me suis mis à écouter sans broncher, si épuisé et las de ne jamais renaître, et en pensées ligaments, je faisais avec mes contours ors et ombilics le plus dingue cunnilingus de toute une vie à mon bébé diablement en vie. Une envie de dire, de mettre à la machine, une envie pas possible de quitter pour au-delà colmater des trous noirs.

La Censure, par un automne pluvieux comme il en est rare, me botta le derrière de ses barreaux et avait déposé, entretemps, dans mes mains les chemins de ma vie, les possibles enjeux de toute une âme affreusement déjà : maganée de blues, rauque de lointaines épaves, et égoût de paradis vomi les soirs de joint.

Je suis revenu cet après-midi carbone, à dos de cheval comme un noir chevalier des âges de grande classe, à St-Rémi où la brousse se trouve autant dans les arbres que près de la vulve. La frousse de se perdre dans la forêt ou tout près de la vulve, tout près. Elle avait changé de peau comme une ange se transforme en sirène, et moi ma cervelle enclenchait la sirène incendie, car changement fusionne avec méconnu. Je ne savais plus comment dire, si bien que je me suis mis à garder silence.

Je suis en veston noir, et bois un martini à la framboise. Devant, du vent dans les cheveux Monroe de bébé, des cataclysmes hyppocampes, des persiennes que je défriche à chaque battement de coeur. Je joue du piano, reste muet, et suis incapable de dire.

Je prends une feuille ocre et suie, la dépose dans la machine, commence à saliver des yeux. Je salive des yeux, de partout.

Avec brio, je sens que je vais anéantir Tokyo avec mon rythme. Je suis le plus étourdissant jazzman de mon époque. Je suis né à la mauvaise époque. Je suis né tout court, à court de naissance.

Ton or est trop grand pour jouir ici

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Trois jours déjà, dès là, que bébé et moi avons fait nos débuts scéniques à Hollywood. Je me sers du sommeil comme éternité renversée dans une étoile à des aubes de devenir complètement fondue. On a bien fait notre besogne, orgasme sur orgasme, de la cendre diadème au zénith de mon vrai nom. Les filles de 4 ans savaient que dalle, Brando se les faisait le soir après les répétitions. Mais Brando, aussi franc que le dernier astronome à avoir vu Dieu, nous a assuré un succès dans le genre titanesque. Après la dégelée sexuelle, on est revenu à Saint-Rémi où je suis maintenant, avec bébé.

Je lis le journal, bouffe des olives noires, boit une bière avec une limette dedans. Mon adorée allumée à cause de… moi… écoute du David Bowie, en donnant des coups de hanche tellement fanaux, fameux, que son papa a toute la misère du monde à rester concentré sur son climatiseur. Il sue comme un cochon dans de la boue. Papa a un climatiseur à la place du coeur. Sharon Stone est partie, plus dans le jardin. Je me dis secrètement que les vedettes ne doivent pas niaiser dans le jardin des autres. Je suis moi-même dans le jardin des autres. Je joue avec les autres. Je suis une vedette. Je suis loin oh loin de chez moi, là où tout le monde prie la lumière et chante des alouettes aux murs de plomb. Hochelaga a deux cornes sur le crâne.

Mon bébé a de la comète dans la peau, elle laisse une traînée de triomphantes odeurs que je cajole en retard. Je ne fais pas trop dans le dialogue. Les paroles intelligentes sont rares. Je préfère une belle flambée de mots arrangés de manière à jouir des oreilles au discours ordinaire. Je préfère mon hostie de folle à tous les plaisirs ordinaires.

Je bois, elle danse, elle rit, je bois, elle saute, je bois, elle fait des anges avec les yeux et je les bois avec ma langue.

— Avec le temps qui passe, un jour on va mourir. En ce temps-là je serai la légende de vieilles écritures, damnées par ceux qui ont 40 ans de moins que moi.

À ce moment on entend le tonnerre. Plusieurs fois, sans naître en lumière. Plusieurs fois le tonnerre sans moment paraître, du piano dans le ciel, heureux oh heureux…

— Tu as raison. Je devrais faire ce que je devais faire depuis le début… Je dois me battre contre le ciel.

Autres tonnerres qui font peur aux chiens. Pas de chien dans le jardin, là, mais je suppose que le chien pisserait de peur si un chien se trouvait dans le jardin. Les chiens ont toujours peur. Je ne sue plus comme un Bouvier Bernois, bébé est froide en dedans. Elle est ma pierrerie de silence, réservant le bonheur pour minuit à la table de billard. Je suis canon sur une table de billard. Vous avez essayé cela sur une table de billard? Je vous jure que cela donne tout un fantôme. Avec peu de lumière, on croirait jouer à un jeu.

Aucun temps ne serait trop lourd à oublier. Le souvenir prend la place du maintenant par intérim. Je fais une demande à la poussière : réveille-moi quand bébé sera enceinte de mon apocalypse.

— Tu as fini de gueuler à la fin, merde de ciel? Tu as trop peur pour brailler, donc tu ne fais que gueuler ta rengaine de ne pas savoir aimer? Tu peux inventer les échos mais non pas la parole.

Le tonnerre encore, me tombe sur les nerfs, tonne dans les airs, sans tomber en eau nulle part. Je hais le ciel quand il gueule sans rien faire. Il faudrait avertir le Parlement. Pourquoi on paie le ciel si cher à chaque année si le connard se contente de gueuler sans brailler? Je me demande toujours, dans le fait là, comment on a pu voter le ciel pour un poste au sénat. Quand on donne la voix à la population, on arrive aux pires conneries. Je continue à faire chier le ciel. Si on me fait croire au paradis, ce sera dans la vulve de mon bébé, pas dans le ciel de tout le monde. Je ne partage pas mon paradis avec personne. Dans le jardin, tout le monde se met aux abris. Sauf moi qui continue à donner de la hanche sur du David Bowie. Je danse, je provoque le ciel de tomber sur ma tête.

— Tu te dégonfles, ciel à la con? Viens me montrer de quels nuages tu te vides!

Et de fait, la pluie commence. Des horloges, à la tonne, qui tonnerre. Il pleut des horloges dans le jardin. Je danse sur du David Bowie. Je chante sous le temps. Je danse comme un premier démon sorti du vagin de sa mère. Je danse, et je danse. Comme je ne peux jamais rester tranquille tout seul, heureux comme un geste, une bande de mecs costumés avec masques multiples au visage viennent me prendre par les aisselles. Je suis chatouilleux un brin donc je rigole comme dans du foin. Ils mettent un sac de poubelle sur ma tête. Ils me poussent dans une camionnette noire aux vitres fumées. Je peux entendre mon bébé crier au suicide. Je peux entendre mes couilles demander asile au latex. Je peux entendre ma petite pompe dire : je ne veux pas que ton or meurt dans ton ventre, bébé.

Il y a de la dentelle, mon oeil

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Hollywood nous a donné une remorque, dans laquelle je vais pouvoir taper à la machine le scénario qui va nous sauver la vie, à mon bébé et à Black Market. Aussitôt dedans, bébé va se faire les jambes dans les toilettes. Je me mets en camisole, dénichée cela dans une boîte de vieux vêtements de films. Je fais jouer du Johnny Cash, je me place à la machine. Peu de lumière dans ce trou, des conserves par terre, des kleenex pleins, des vies avortées, des tampax. Dans les toilettes je vois une jambe de mon bébé entretissée, merveille huitième du monde. Je me gratte les cheveux comme on flatte un chien. Je commence.

1. Matin. Homme mange pizza et boit bière. Dans un désert, sur une roche, sous un palmier. Une femme arrive en Kawasaki, sur une motocyclette. Femme avec homme, font connaissance. Il y a un tapis près de la roche, un chien dessus. Homme fait une danse qui se veut nuptiale. Femme comprend. Accouplement.

Je sors le papier de la machine. Je trouve cela pas si mauvais. Je me cale dans mon fauteuil. Je me rends compte que le fauteuil ne possède pas de dossier et je tombe sur le dos. Un bruit de mâle qui tombe et râle, en camisole, sur le plancher. Bébé chantonne, et papillonne :

— Ton scénario te jette par terre mon cheval de Troie?

Elle rigole. Elle me fait croire. Si jolie, pas croyable. Une fesse qui tombe en cuisse si superbement, avec une peau qui donne envie de changer son sexe pour une fusée spatiale en deux temps trois mouvements. Au fond peut-être plus quatre, ou cinq. Je commence à nouveau. La corbeille possède un bout de moi. La poubelle et moi, on est intime.

2. Après-midi. Pluie cancer, lune huître à la saison des nues. Fatigue, poussière, navire dans les yeux de Madame Syncope. Elle marche en rond autour de la photo de son monsieur à elle. Elle marche à reculons, dehors, dans le naître des passions. Elle se déshabille lentement et tropical, strip-tease vaudeville et érecté. Elle baise toute juteuse avec la photo de son monsieur à elle. Des néons dansent partout autour de son corps de déesse équatoriale. Elle se souvient pour exister.

Je ne me cale pas dans mon fauteuil qui ne possède pas de dossier. Je reste là à réfléchir sur mon truc. Cela fait assez intellectuel. Pas de bestial là-dedans, juste des suggestions et des érotismes de tête. Je bois de la bière made in China. Je sors le papier de la machine.

Je continue de cette manière. Je vois la lumière dans la toilette, qui réfléchit contre les chevilles de mon adorée centre-ville. Tant que mon bébé soit, tout va. Je suis rendu à une dizaine de scénarios érotiques tout aussi parfaits les uns que les autres. Joués avec des bons acteurs, à savoir mon bébé et moi, et dirigés par un bon réalisateur, à savoir moi, tous mes scénarios ont le potentiel de devenir le plus saharien film de tous les plus sahariens films du monde. Je fais lire mes débuts à ma douce à la peau amphithéâtre un soir de séries éliminatoires. Elle fait toutes sortes de grimaces quand elle lit. Cela peut être expliqué par le fait que je lui colle des épines de langue saline sur la pointe nervurée de ses seins cataclysmes et baguettes de fées. Je suis un amant formidable. Elle a du topaze dans son haleine. Elle est reine, et mienne, perle voisine de la liberté en étreinte aquarium. Son amour est le décalque du mien.

— Tu pourrais peut-être donner à tes voyeurs quelque chose qui serait du calibre de leurs neurones. Soit tu bourres ton film de clichés, soit tu fais un film pour faire comme si tu étais intelligent. Les symboles sont la proie des interpréations fausses. Je dis : scaphandre. Et il y aura bien un critique assez maniaque pour me dire que scaphandre suggère et veut dire : bonté divine du tonnerre des cieux amandes. Et peut-être que oui au fond. Dans tous les cas il faut que tu fasses un bon film, autant pour les cocus que les hommes à petits pénis.

Elle marque un bon point. Je vais donner à mon époque le reflet des frontières des créations peu libérées. Si la tourmente vient chanter dans le bas-ventre horoscope, alors je vais me marier avec mon adorée vitrage cubain. Je me mets à la machine, une autre fois.

X. Filles de 4 ans, portant chacune un g-string rocambolesque. Elles courtisent les petits gars à jeans amples. Du hip-hop et du 7 up. On organise un concours organique de fellation dans un sous-sol, petite fête à la marée haute. Après le concours gagné par Miss Kilomètre, la caméra passe des enfants au sous-sol aux parents au rez-de-chaussé. Et eux nous montrent comment on fait pour faire des plaisirs à grande gueule écumeuse.

Je sais, obscène un tout petit peu, scandaleux à peine. Bébé et moi, on va faire les parents ou quelque chose dans le genre.

Je dors avec bébé, amour dix fois, à la puissance navette Discovery. Lendemain matin. Je propose à Marlon Brando mon scénario encore tout chaud. Il accepte sans broncher. Brando dit devoir ajouter quelques explosions et des blasphèmes pour compléter le tout. Il aime bien les types comme moi. Bébé aime bien les types comme moi. Moi aussi, dans le fond. Je deviens dans la vie folle et sans répit une illusion de quelque chose. Je suis quelque chose. Je mange une pizza et bois une bière. Bébé arrive en Kawasaki. Le matin va être platonique, printemps oh Voltaire et torridement.

Un vent pirate dans la tempête

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Je boirais bien une bière chinoise ou japonaise au lieu du saké que Brando nous offre à ma copine qui ne veut pas se faire appeler ainsi et à moi, Black Market à la langue gaie bleue et bonzaï. Dans le désert il fait sauna et dans un sauna il fait désert. La comparaison est utile pour nous rappeler que nous avons tous une mémoire qui se rappelle de choses parfaitement inutiles. Prenez en ce moment. Je me souviens des feuilles mortes et des olives sur le corps de la première femme avec qui Black Market a fait des sauts de papillons africains. Cette nuit-là, kaléidoscope comme un feu de bas de nylon, il y avait une chaleur exactement pareille à celle que le sauna crache dans nos entrailles et plus loin. Parfaitement inutile, mais divertissant quand même.

Je me pose des questions sur le geste utile et inutile. Le geste inutile est celui qui demande un effort plus grand que le résultat obtenu, et le geste utile : précisément le contraire. Pour que je fasse un peu de sens dans mon affaire… Tuer Marlon Brando serait vile et méchant. Mais au moins on pourrait se galoper les silhouettes loin de ce Hollywood à la con. Mais après cela on aurait des bombes nucléaires sur le dos. Ce geste est donc inutile. Rester ici à bavarder avec le Parrain sans rien dire de comique demande un effort surhomme de ma part, qui suis déjà surhomme dans mon poison et dans ma folie de jeune con. Inutile aussi, passons à autre chose. La vie en général demande un effort plus grand que le résultat obtenu. La première chose utile qui me vienne en pensée est une fellation : pas un effort de trop, résultat titan. Black Market est profond comme les philosophes et beau gosse comme pas un vivant. Je suis bien parti pour vivre assez inutilement le plus sombre de mon temps. Et utilement quand je suis avec mon bébé serpentin, un serpentin de fête espagnole.

— Sharon était notre meilleure. Depuis son premier film, on fait jouer un robot à sa place pour que la vraie Sharon travaille pour nous contre la Chine communiste. Je pourrais vous faire griller dans une explosion de boeing si je voulais, mes copains.

Avec des menaces comme celles-là, je suis mieux de faire quelque chose pour encourager Brando à nous laisser sain et suave, sauf, peu importe. Je cherche dans ma cervelle antibactérienne des répliques salement bien torchées. Je cherche comme un chercheur. Je pense comme un penseur. Je bande comme un banquier richissime.

— On pourrait vous tourner le meilleur film de tous les temps. Avec les entrées en salle vous pourriez financer vos projets de terrorisme massif. Je ne suis pas du genre à aider mais quand la vie de mon adorée, la mienne, et celle de ma queue sont en jeu, je peux bien faire certains sacrifices.

Brando se frotte le menton. Avec son autre main il frotte sa nuque. Je lui demande : tu es capable de te donner des coups sur les abdominaux en même temps? Il trouve que je fais mon hostie de comique. Je suis bien dans mon corps, pas que je sois vraiment bien dans mon corps mais je suis bel et bien dans mon corps. Il nous regarde. Avec une troisième main, Brando se frotte la délicate entre-jambe. Il songe comme un pharaon.

— Je suis prêt à prendre le risque. Il y a beaucoup trop de cimetières de toute manière…

Je suppose, à voir son regard de bête infra-rouge, que son idée réside dans un film pornographique et moderne et urbain. Il faut être absolument moderne. Il ne faut pas trop se répéter non plus. De la récurrence, attention, attention! Il ne faut pas non plus user la recette et dire trop de : il faut. La nécessité de faire est une idée arbitraire, idée à laquelle on attache une crédibilité et une réalité. Je fais ce qui est utile pour moi, je crois à ce qui est utile pour moi. Je ne suis pas catholique, mais une bonne guerre avec les Chinois, eh bien pourquoi pas.

On nous explique, après être sortis du sauna, après une récolte de vêtements, après une rencontre avec des producteurs, on nous explique la trame narrative du film dans lequel bébé et moi allons nous montrer tout nus. Je dis tout de suite que le scénario vaut bien peu de choses, que je peux faire mieux en une nuit. Une nuit de machine à écrire et puis voilà, un scotch ici et là, des bécotées de lèvres dans le cou sympa, et puis je fais le plus torride scénario pornographique de tous les temps. Ajoutez tous les superlatifs. Ils ont peur, les producteurs. Il faut vendre et plaire aux critiques. Je peux me débrouiller avec ces contraintes. Je ne suis pas à une mauvaise idée prêt de mourir et inventer plus rien.

Le jour tombe un peu. Les nuages sont gris comme un océan gris. Je suis maudit. Je lance des tricots de codéine dans les yeux de mon adorée, ma douce, ma doudou qui suce mon pouce quand le temps est éclair et clair. Je suis un homme. La vie commence à 18 ans.

Je reviens du sauna, bleu sauvage

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Dans la limousine, Hollywood me regarde faire des ABC baveux dans la vulve vicieuse de mon adorée satanique et incendie. Je vous jure, cela est brûlant comme les reins du diable. Je me dis que Hollywood pourrait me donner une chance pour jouer dans un film. Je suis ravi de penser à cela en ce moment. Je disais que je préférais faire cela sans public, mais un athlète aime bien se faire applaudir de temps en temps. Il était temps. Et de fait, Hollywood tape dans ses mains cannelle et arches. Cela est un signe pour que je fasse encore un plus gros numéro. Je fais un oeil câlin à mon bébé. Elle connaît mon truc et mes vices turcs. On se place dans la position Arc de Triomphe. Sur les mains, dos courbés, les genoux et les mollets qui font connaissance. Avec mes orteils je tente de me rendre là où le paradis prend ses vacances.

Hollywood boit un martini, mais je suis à peu près convincu que cette femme-là boit seulement du vermouth sur trois glaces. Elle se donne un air sophistiqué, mais la chirurgie plastique ne se paie pas avec de la poussière. Il faut bien couper quelque part. En fait Hollywood doit assurément revenir de son dernier rendez-vous chez le docteur qui joue au docteur de la beauté magique. Cela expliquerait les ciseaux accrochés dans ses narines. Mais elle est tout de même jolie, regardable. Mais rien de bien comparable à la femme des femmes, mon bébé couchée sur le dos et qui fait : ha!… ha!… oui!…

— On arrive bientôt aux quartiers généraux, les enfants. Là-bas, il faudra faire attention à vos fesses. Les gens ordinaires ne sont pas bien vus ici dans nos rangs. On fait des beaux arts depuis le début des hommes qui font des caméras vidéos. Au fait Black Market, tu es bien le Black Market?…

Je ne veux pas avoir une allure de truand devant ma copine, qui au fait ne veut pas concrètement se faire appeler ainsi. Disons plutôt des meilleurs amis qui partagent aussi le meilleur et le pire du corps et du coeur. Que je suis là, moi, en ce moment. Je pense aux cadavres et me demande très sincèrement le goût que peut avoir une femme en train de mourir à petit feu. Je vais donner des vitamines à mon bébé. Je ne veux pas voir une étoile mourir dans mes bras. Je ne saurais pas quoi faire. Mais Hollywood parle de quelque chose que je ne me souviens absolument plus ou jamais vécu, déjà vu tout au plus.

— Black Market! Tu es bien toi! On a bu ensemble un soir. Je me suis souvenu de toi quand tu étais nu dans ma limousine…

Ah! Je ne veux pas oser en demander davantage. Mais avec toute cette chirurgie, elle aurait pu me dire être un homme avant que ma surprise aurait été aussi petite. On sort de la limousine. On se trouve ici, mais jamais à Hollywood. Je commence à avoir des doutes sur Hollywood. Sa limousine était pourtant si autoritaire... Dans un champ, on peut voir des Mexicains qui construisent des bombes, nucléaires sans doute. Une vraie fabrique militaire. Je ne sais pas ce que je fous ici. Je me sens sale. Je tourne la tête, vois bébé, touche son épaule et son sein. Je me sens bien. Hollywood parle, cela devient mêlant :

— Nous ne sommes pas à Hollywood. En fait Hollywood est une ville en banlieue de Saint-Rémi qui est en banlieue de Montréal. Hollywood est un subterfuge. On construit des bombes pour faire la guerre à la Chine communiste. Et Sharon Stone était un agent secret qui travaillait sur une grosse affaire. Le Parrain veut vous voir dans le sauna. Pas besoin de vous dévêtir puisque nus déjà vous êtes…

Sa dernière réplique sonne très ciel noir. Je crois que nous avons fait une sale erreur en tuant Sharon Stone. On ne peut plus tuer des gens de nos jours sans illico ressentir des ennuis. Je pourrais courir pour ma liberté, mais mon ombre est plus rapide.

Hollywood nous laisse devant la porte du sauna. Bébé et moi entrons. Marlon Brando est nu avec une serviette autour des hanches pour cacher sa quéquette. Il fait oh très canicule. Je sens que je bronze au-delà de mes viandes. Je suis chic. Je suis nu, avec mon bébé. Marlon boit un truc incolore dans un verre de la même nature. La vie est belle, et sexe, pleine de rien et de sueur partout, dedans, partout.

— Je veux deux verres de ce que tu bois, le Parrain…

Nos verres arrivent de quelque part, je ne sais pas trop où. Si vous étiez dans un sauna à Hollywood de Saint-Rémi avec votre bébé au coeur couleur amour clitoris et que par hasard Marlon Brado était là, probablement que vous aussi vous seriez peu surpris par les choses qui arrivent de soi. Je bois mon truc. Bébé me prend dans sa paume obélisque. Et je bande toujours comme un Bouvier Bernois.

Feu de Fallope et loupe cobra

5

Comme je viens de regarder Sharon Stone mourir de toute sa salive et davantage de tous ses ovaires gargantuesques et valises sales, je prends le reste de la journée peinarde et visage bécoté. Saint-Rémi et un coup de vent dans les feuillées, arbres myopes. Je ne suis pas exhibitionniste au point de me faire zieuter quand je fais je suis à toi à ma femme. Les arbres sont myopes. La journée est chaude, le temps est bas, gris, nuages calvaires. La logique des choses est dans la logique de Dieu et Dieu est dans la logique des fidèles et la logique des fidèles est de rester toujours avec la même foi. Le monde est absurde devient logique tout à coup quand on suit ma logique prête à tout.

Je demande à bébé si elle veut se mouiller le bout de la grande lèvre dans la piscine avec son Black Market favori, aux favoris bien mis, succulents. Elle fait oui avec son cou. Je fais oui aussi avec son cou. Black Market et sa queue ont bien de la chance de vivre maintenant. Dire que des gens se suicident pour des détails comme : oh que je suis seule dans ma jeunesse folle de 20 ans et la lune a tué mon époux!… Mais au fond peut-être que tout le monde ne peut pas être comme Black Market. Au fond personne ne peut réellement être comme Black Market. Oh que oui, Black Market est unique : cela me donne de la classe. Tempoline mon bébé, je saute dans la piscine parce que je suis de la bombe.

— Vivement la vie, oh vive vivre! Au sujet de Sharon, je voulais savoir…

Je fais mon boulot quand je baise à Montréal dans des vagins qui ne sont pas matérialement miens, miam miam. Je veux dire, mon boulot exige précisément ce genre de galanteries viennoises. Je suis tombeur et en même temps desperado. Je dois faire une trôlée de sacrifices pour cet emploi. Je dois les deux à la fois et en même temps être style et méchant. Mon bébé peut dormir sur ses deux gargouilles oreilles, Sharon ne fait pas le poids, ne fait pas la vulve livre pour livre. Pourtant vrai les copains, déserrée comme la bonne du 5e étage la Sharon. De glace, aussi, de pierre. Je lui explique la chose dans la logique des fidèles. Elle me comprend. Je lui donne un bec dans le creux du genou. Cela la surprend. Il fait moins sueur dans la piscine que sur le sol voleur de pas. Le sol vole mes pas. Et pas demain la veille que la police va arrêter le sol pour cambriolage. Ce jour-là, je vais faire un cunnilingus à la femme la plus âgée de la planète. Et cela même si elle est asiatique.

Les nuages sont plus bas, on a pas vraiment peur de ceux-là. La piscine de mon adorée spéciale à la peau qui fait chialer en deux secondes est dans sa cour arrière. En fait dans la cour arrière de papa et maman qui sont tellement beaux que, pour les faire rire aux bajoues gonflées de bonheur, tellement beaux que je place le mot juste avant le titre respectif de ces deux honnêtes gens. Cela donne : beau-papa et beau-maman. Je suis vraiment gentil avec eux puisque je peux faire jouir la femme des femmes, qui est la fille des deux beaux-vieux, dans la piscine sans que personne vienne penser à nous déranger la patience. Sauf les arbres. Mais eux, ils sont myopes comme des toupies. Myopes comme des taupes, je veux dire.

— Je peux prendre ton bas-ventre réflexe en photo pour mes archives et pour montrer aussi à tout le monde parce que tu es la plus de tout le monde?

Elle me fascine dans les yeux, me dessine parbleu, oh mon Dieu.

— Oh que tu es sexuellement bienveillant mon gommant!…

Oui, dans la poche cette photo de mon bébé moteur de ma pompe à sang dans la moelle. Je me la joue super paparazzi et je photographe ce que la nature a fait de mieux, soit deux sexes parfaitement antagonistes et juteux et millionnaires. Là-dessus, venue de nulle part, et là-bas il fait bleu et noir, de nulle part est venue une femme de Hollywood. Son nom : Hollywood. Elle aussi suit la logique des fidèles.

— Il va falloir me suivre, que Hollywood fait avec ses cordes vocales, il faut me suivre tout de suite dans ma limousine parce que Sharon Stone est morte. Et puisque son corps est dans votre cour arrière, on a de bonnes raisons de croire que vous êtes les meurtriers.

Elle a de la suite logique des fidèles dans les idées, elle. Alors on entre dans la limousine avec Hollywood. Je suis nu et ma copine est nue sur moi. Je suis bandé maintenant depuis au moins le début de mon histoire. Les nuages sont bas. Le tonnerre gronde comme si on était des enfants qui auraient tué le chat de la famille avec un canif suisse.

Le ciel est gris, mon sexe est rouge-mauve-peau en partant du bout, la limousine est aqua et or, le soleil est dans les nuages. Je suis au paradis ou bien je mens.

Quand Sharon Stone meurt

4

Je reviens du hangar avec Sharon Stone. Un peu éméchés que nous sommes, nous volons à la nuit cathédrale des orgies de belle gueule. Cela est clair comme bonjour. Bonjour dans la bouche de Sharon Stone sonne très claire. On voit le coucher de soleil se lever dans un horizon pamplemousse. Je suis le premier vent du printemps. Elle est la rosée malade mentale sur ma paume délicate, lichen, sexe.

Cela ne serait pas une bonne idée de partir pour mon appartement, dans le brouillard matin des pauvres gens. Je sens les pectoraux fermes. La bande à Jack Jones est définitivement derrière nous. Elle est définitivement sous nous, la bande, sous moi, Sharon Stone, sous-bois, la forêt là. Je suis pas mal près du bonheur le plus delirium tremens du monde. Je viens de tuer 5 hommes. Je suis aux bras dessus et bras dessous de Sharon Stone, qui vient de tuer à elle seule 3 hommes 6 fois gros comme elle. Le jour amène avec lui plein de souffrants dans les rues. On marche pour passer le temps. Le temps ne passe pas vite. Le temps voilà tout un personnage. Mais dans tous les cas, jamais aussi fier allure que Black Market.

— Je peux te poser une question indiscrète mon Black Market tout à moi?

Un : je ne suis pas tout à elle. Je suis avec mon bébé. Je suis jaloux de moi pour elle. Bizarre de sensation blizzard. Je suis en infini avec une autre, bien entendu. Un amour de femme parfaite. Deux : oui tu peux. Je lui dis ce que je viens de me dire. Elle me débraguette et pose sa tête de supervedette sur ma basse culotte. Je suppose que Sharon Stone est indiscrète à sa manière bien faussette.

— On se marie demain aux étoiles de bon secours!… Je suis dans un immédiat total absolu et alambic oh souvent!… Je te veux nu sur mon lit à me faire un enfant sur-le-champ pour que ce bébé puisse courir nu dans les champs et dormir comme un bébé nu dans son lit!…

Si le temps ne passe pas vite, elle est vite en affaires. Je peux me la faire, une petite vite. Mais je suis fidèle un petit peu alors je ne vais pas. Je me souviens de. Elle a besoin que je la replace à son endroit, à sa place je vais.

Je décide de lui faire rencontrer mon bébé qui revient de voyage tout maintenant. Il y a deux bicyclettes de pas cadenacées. On les vole tout méchamment, comme des ogres. On les pique. On se plaque les fesses sur le banc, sur les bancs de chacune de nos bicyclettes. On pédale comme des pédales, ah dédales que je suis pétale de rose aspirine!…

On arrive dans une banlieue. On a quitté mon île lavette de peurs. On arrive dans une banlieue, devant la maison de mon adorée tasse de thé. Je fais grincer la porte, qui ouvre la maison à nos pas qui restent derrière nous.

— Oh! Black Market!… Tu es si cher ces temps-ci sur le marché noir…

Mon adorée qui parle comme cela. Joli, hein? Je ne pourrais pas échanger cette petite porcelaine contre rien au monde. Mon adorée contre rien, nom de nom! Mais je suis venu régler des comptes. Après avoir payé Visa, je fais ma proposition.

— Sharon Stone. Stop. Mon adorée. Stop. Combat à mort dans de la boue. Stop. Gagnante gagne Black Market. Stop.

Là-dessus Sharon Stone sort une arène de boue qui était évidemment cachée sous sa jupe. Elle fait des miracles avec son dessous de jupe, elle. Je prends Stone par les hanches et lui retire avec une main tous ses vêtements. Elle est en bikini. Je fais un peu la même chose avec mon adorée. Mais en plus sensuel. Comme dans une Espagne encore canicule, je retire les velours de mon adorée qui se retrouve en monokini qui bouge, qui rouge.

Le combat commence. Sharon Stone est fatiguée de six condoms et de 3 meurtres. Mon adorée est excitée de me voir : je me déshabille lentement, avec un prestige de vieil animal qui connaît son numéro de cirque. Mon adorée en fait une bouchée pour les chats, en une bouillie. Je suis fier de mon bébé.

Je te savais dans le ciel hier soir quand je me faisais battre par des gros gorilles de la mafia, que je lui dis en lui léchant le nombril.

Je suis nu, elle aussi. On fait des mimiques de grande passion dans la boue, tout près du corps mort de Sharon Stone.